
Sur l'oeuvre d'Isadora D'Argeliers
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Sur l’œuvre d’Isadora d'Argeliers. Sculpteur.
Que de femme !
Pour l’eau il y a la pluie, le ruisseau, la rivière, le lac, la mer, l’océan, le nuage. Pour la femme, qu’y a-t-il ? La femme sans cesse enfantée et grandie. En-fentée pour mieux s’en grandir. Bassins russes à sens unique d’épanouissement. Isadora, en différentes femmes, j’ai rencontré souvent votre modèle. Un amateur toujours me l’enlève. Alors, elle me reste sous forme de verbe, statue de mots vivants, moi qui ne sais ni le bronze ni la pierre.
Elle lui échappe enfin et vous revient. Je peux le savoir en visitant votre œuvre où elle danse immobile et fière, tellement sexuée, tellement féminine.
Isadora, d’où tenez-vous l’essence de cette femme intime, qui d’y être descendue souvent, vibre en mon cœur ? Comment l’intuition vous est-elle venue du plus cher de moi-même ?
Je viens à peine de découvrir, sculpté par vous, ce que je connais de tous temps.
Isa, quelle créature portons-nous en commun ? Celle que vous approchez dans l’intelligence minérale de la matière et que je cherche dans le parfait hasard scriptural de l’espèce…
Pourquoi, pénétrant votre atelier, j’ai la sensation d’entrer chez elle ? Pourquoi, parcourant de caresses le corps de votre œuvre, est-ce que je découvre le relief de votre dédicace datée maintes fois au gré de ma chair ?
Isa, comment pouvez-vous signer, vous que je ne connais pas, une image qui est une part de moi ? Comment donnez-vous forme à cette sculpture originale dont l’épure se dessine tout juste en moi ? Cette blondeur du bronze, ce piqué charnel, ce grain qui féconde vos créatures. Si proche d’Elle. Ce deuxième corps serein et fertile qui prend naissance dans le premier…
Le vôtre ?
Isadora comment fîtes-vous patienter la terre, entre l’instant de votre instinct d’Elle et la concordance de vos gestes.
Août 1993. |
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